VOUS ETES PROF? QUE PENSEZ-VOUS DE LA JOURNEE DE LA JUPE?

un mail parmi ceux que j’ai reçu venant de

Bonjour,

Je viens d’aller voir votre film”La ” au St Lazare Pasquier, et merci car vous m’avez offert un des plus beaux films qu il m’ait été donné de voir.
Je suis née à St-Ouen en Seine Saint Denis et j y enseigne les maths depuis 5 ans au collège alors c’est sur que le film me parle, je connais tout ce dont vous parlez puisque j ai grandi là et je veux partager ce que j ‘ai appris à mes élèves pour qu’ils aient la chance d’ avoir le choix.
Mais fait troublant, comme votre personnage j’ai été confronté à une réalité que je n’arrive pas à admettre, 5 des mes anciens élèves ont abusé d’une jeune fille et leur propos sont exactement ceux que vous donnez à vos personnages..
Alors oui c’est sur que j’ai l’impression que ce film a été fait pour moi, mais je tiens vraiment à vous dire que vous m’avez parlé par un scénario parfait, une direction d’acteur fabuleuse et une mise en scène harmonieuse, tout est cohérent et fait que j’essaie de vous dire maladroitement combien vous avez réussi votre film ..
J’ai bien hâte de voir vos prochains films, continuez et persévérez vous avez beaucoup de talent.

Et puis un deuxième

superbe et très intéressant! Le film le plus proche de l’ambiance que je ressens en tant qu’enseignant en ZEP, depuis une dizaine d’années maintenant.
Ce film est beaucoup plus proche “des possibles” qu’entre les murs.
Et dire qu’à Marseille, il ne passe que dans une seule salle…

un troisième

Ce film m’a touchée….d’abord par l’interprétation d’Isabelle Adjani et ensuite par la justesse du ton….je travaille depuis 20 ans dans ces banlieux dites “difficiles”….et rien ne m’a semblé déplacé ou choquant….
juste une vraie justesse de ton…

Je lis avec peine les commentaires de qquns qui trouvent le film caricatural…à ceux là je leur demande simplement : où ils vivent, ce qu’ils font comme métier, où leurs enfants sont scolarisés…

et d’autres…

FW: la

Sans doute n’ai-je pas su chercher: je n’ai pas trouvé de moyen d’adresser mes félicitations et de dire toute mon admiration à Isabelle Adjani, ainsi qu’au réalisateur pour ce film courageux!

J’admire Isabelle Adjani depuis ses jeunes années au Français: j’étais alors parisienne et une spectatrice assidue (je suis née en 1958 et cette jeune fille face aux monstres sacrés du Français me fascinait)

Quant au film en lui-même, j’apprécie la vérité du propos: je suis professeur en lycée professionnel.

Je vous sauré gré de transmettre mon message à Madame Adjani, à M. Lilienfeld et à toute la distribution, criante de vérité des élèves à la hiérarchie en passant par les policiers.

ENCORE MERCI ET BRAVO

Anne-Marie Le Gallo-Piteau
professeur de vente au lycée Marie Curie à Villeurbanne


et d’autres glanés sur Allociné

Film qui n’est pas du tout cliché….bien sûr les situations et les caractères sont poussés à l’extrême mais l’ensemble est tout à fait réaliste….bravo. Un de collège du 93 qui a vécu de nombreuse scène du film.

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Voilà enfin un film qui ne tombe pas dans un écueil consensuel.
Bien sûr, il ne peut pas être le reflet universel de toutes les classes que l’on rencontre. dans les collèges de France et de Navarre. Toutes les classes sont différentes au sein d’une même école. Etant d’arts appliqués (dessin), je suis bien renseignée.
Il faut aussi tenir compte d’autres facteurs (en ville, en banlieue ou en campagne ? Ecole, collège, lycée professionnel ou général ?…).

De ma lorgnette (lycée professionnel dans une ville moyenne), et sur l’ensemble des classes que j’ai à ma charge, j’estime entre environ 30 à 40% le nombre de celles que je juge très difficiles (proches de celles du film). J’ajouterais que ce chiffre tend à s’accroître depuis environ 2 ans.

Pour en revenir au film, je trouve que la « prose » est juste. Par exemple, les insultes entre les élèves. Car oui, c’est comme ça « qu’on » se parle dans les couloirs. Traverser la cour revient à traverser une jungle peuplée d’échanges de grossièretés et d’agressions verbales en tout genre. « C’est normal de se parler comme ça m’dame !». Les phrases sont parfois même incompréhensibles, à part les gros mots qui s’en échappent.

Comme dans le film, il faut faire cours avec : la mauvaise foi, la contestation, la critique facile, les commentaires intempestifs au beau milieu des explications, le tutoiement qui échappe, l’accusation du qui doit « rendre des comptes », l’agressivité et la colère de ceux qui ne supportent aucune remarques, … Dès les premières minutes du film, j’ai reconnus certaines scènes vécues, et j’avoue que cela m’a remué. Enfin une fiction qui montre les choses telles qu’elles existent.

Sonia s’épuise face aux divers accidents qui arrivent avant et pendant le cours (au début du film). Seule face à la vague. Est-il déjà trop tard ? Ou peut être a-t-elle déjà tout essayé ?
Il y a deux solutions : se laisser dépasser et tolérer, supporter… mais jusqu’à quel point ?…
Ou se battre et lutter contre les débordements abusifs (je vous laisse mesurer la perte de temps et d’énergie nécessaires. Sachant également que sans suivi de l’administration ou des parents, les observations, les colles, les rapports ne servent à rien). Notez que la classe est nombreuse. Où sont les moyens pour dédoubler certaines classes ?

Dans le film, ce sont les garçons qui se la jouent « caïds » et le machisme de certains qui est mis en lumière. Je dirais que la donne a déjà évolué puisque le phénomène s’étend désormais aussi aux filles qui se mettent en bande derrière, non plus des caïds, mais des Pestes au langage ordurier et aux comportements aussi violents que les garçons. Il ne faut parfois pas grand-chose : « Je l’ai frappée parce qu’elle m’a regardé avec ses yeux ».
Je comprends qu’on ait du mal à s’imaginer à quoi ressemble l’école d’aujourd’hui. Moi-même, si je n’y étais pas, je n’y croirais pas. C’est tellement gros. Et pourtant…

Les profs se sentent seuls, et ils le sont forcément face à la classe. C’est fou ce qu’ils se plaignent ou monologuent en salle des profs. Vieux pli du métier ? Je dirais que c’est peut être une soupape de sécurité qui sert aussi à se rassurer les uns les autres.

Le malaise ne peut pas être imputé à l’école seule. Les profs sont mis au pilori par les médias et l’opinion publique. Faire le choix de trouver un bon vieux bouc émissaire, comme du temps de la récré, reste la solution facile qui évite de se poser des questions. D’ailleurs, quel est l’intérêt d’en trouver un plutôt que de chercher en profondeur ce qui nous amène à cette situation ?
Qu’est-ce qui a changé dans notre société pour que les jeunes ne soient même plus capables ou n’aient plus envie de réfléchir ou de se concentrer ? Qu’est-ce qui se passe à l’extérieur qui vient déborder à l’intérieur ? Comment assurer une autorité efficace sans le soutien des parents ou parfois de l’administration ? Qui ordonne la réforme des programmes à cent lieues des réalités du terrain ? Pourquoi retire-t-on les moyens du service public et dans quelle finalité ? Qui va payer ?…

Cela m’a fait plaisir de voir ce film qui témoigne, à sa manière, d’une réalité trop souvent ignorée, et je remercie ceux qui l’ont réalisé et magistralement joué (bravo à Isabelle Adjani et à tout les acteurs).
Je trouve qu’il devrait être diffusé dans toutes les écoles suivi d’une discussion / débat sur le sujet
.

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6 commentaires sur “VOUS ETES PROF? QUE PENSEZ-VOUS DE LA JOURNEE DE LA JUPE?”

  1. ysyade dit :

    Sur Arte. J’allume la tv, presque par hasard, j’avais lu le programme tv sur le net et le nom d’Adjani… Au début, je regardais d’un oeil critique car je crains toujours la mauvaise caricature ou le film qui manque de subtilités, voire la facilité quand une star s’y colle… et j’ai vite été happée et rassurée en même temps : il ne s’agit pas d’un documentaire déguisé en film ou d’un portrait charge de l’enseignant qui craque et de l’ado délinquant… la réflexion est réelle, la transposition artistique également : ce sont de vrais personnages que nous suivons, du principal aux parents de la prof… et j’ai aimé la subtilité du personnage joué par Adjani : au début, elle laisse son instinct de vengeance prendre le dessus, enfin détenir un symbole de virilité, l’arme à feu et se faire entendre … mais ce qui devient plus intéressant, c’est que finalement, elle ne peut les abandonner, ses élèves, et qu’elle restera celle qui apprend la loi et les règles, celle qui veille à la justice, celle qui veut que la loi soit appliquée, alors que du point de vue de la société et des médias, elle est celle qui a “pété les plombs”… non, elle reste fidèle à son idéal et le huit-clos a lieu entre eux, comme nous le vivons un peu tous jour après jour : la parole de l’enseignant, de l’enseignante comme guide, comme outil de réflexion, comme matière à penser afin que l’école laïque reste un lieu où l’origine, le sexe, le milieu social ne soit pas un problème…pendant que dehors, malheureusement, la violence fait pression contre les murs de nos établissements et parvient souvent à les infiltrer. Ce film est pour moi passionnant car il donne à penser d’autant plus que la situation mise en scène est fantasmatique : se retrouver seul, seule avec une arme, dans un lieu insonorisé avec sa classe… bien sûr, peu d’entre nous ont un élève aussi terrible, violent, grossier que dans ce film,mais c’est un film et le personnage regroupe en lui tous les travers de ceux que nous croisons, il est symbolique, voilà, c’est un film que je trouve symbolique et dont le rythme est admirable, le comique est présent aussi, l’absurde également… Bravo et merci pour la liberté de parole autour de votre film .

  2. Tazyzas dit :

    Bonjour,
    Je suis professeur d’espagnol TZR (titulaire remplaçant) depuis 7 ans. J’ai obtenu mon concours à 22 ans et, très vite, j’ai été “propulsé” dans l’Académie de Créteil où je ne suis resté que deux ans et où j’ai enseigné à Savigny-le-Temple (77) dans un lycée professionnel et technologique où plus de la moitié des fenêtres étaient cassées et remplacées par du bois (classé PEP IV, au dessus de la ZEP pour notre chère administration) puis à Créteil (94), au collège Pasteur (classé APV, nouvelle terminologie pour “étiqueter” les zones sensibles) où les élèves chiaient dans les couloirs (pour marquer leur territoire?)… Je suis ensuite rentré en Bretagne, ma terre d’origine, et je continue d’être remplaçant (bien contre mon gré). En tout, j’ai exercé dans plus de dix établissements. Parfois heureux (comme maintenant), parfois exténué… ravagé par ce métier.
    Je décris mon parcours évidemment pour légitimer ma vision du film de Jean-Paul Lilienfeld.
    Je dois aussi préciser que je suis un grand admirateur d’Isabelle Adjani depuis des années. Ses films, son parcours m’ont souvent “soutenu” toutes ces années, qui n’ont pas toujours été très faciles! Alors quel plaisir de voir cette comédienne entrer dans “mon” univers! C’était vraiment inattendu et tellement exaltant pour moi! Encore merci au réalisateur pour cette idée de génie.
    Je vais d’abord vous dire, comme beaucoup, que je me suis reconnu dans ce portrait de l’école d’aujourd’hui, celle des banlieues, celle des endroits de non droit. Je ne me suis pas reconnu dans Sonia Bregerac car je n’ai pas encore trente ans et je n’en suis pas rendu là, (pas encore…). J’ai encore foi en mon métier et en la pédagogie, parfois, assez souvent quand même. Pas toujours… mais selon mes affectations, j’arrive à enseigner et à transmettre des savoirs.
    De mon expérience banlieusarde, en région parisienne, je garde finalement un assez bon souvenir, assez proche du “Entre les murs” de Laurent Cantet, à ceci près que je n’ai jamais cédé, je crois, à la démagogie prônée par le Nantais agrégé Bégaudeau. Avec le temps on cristallise et on ne retient que les beaux souvenirs (et l’humanité qui émanait de ces élèves, au fond très sympathiques et “exotiques” pour moi…) mais je me souviens qu’un médecin m’avait prescrit du Zanax (à 24 ans!) car je ne dormais plus suffisamment… En fait, ce qui ressort de tout ça et c’est ce que j’ai apprécié dans le film c’est que les bourreaux ne sont pas tant les élèves mais plutôt l’administration, qui, à travers ce principal couard, est si bien dépeinte. J’ai aimé la réaction du mari de Sonia Bergerac.
    Pour moi, c’est LA PEUR des enseignants l’axe central de ce film, la peur de Sonia, je l’ai ressentie encore très récemment, dans l’Académie de Rennes, quand un élève de 4ème d’un collège tranquille m’a menacé de me casser les lunettes parce-que je lui avais confisqué son portable pendant un devoir. Il m’a aussi traité de “pédé” et de “tête de bite”. Je l’ai ressentie aussi quand un élève s’est levé et a tabassé une jeune élève en la traitant de sale pute et en terminant par “je vais la tuer”, dans mon cours… Que faire? Cette élève je lui ai dit de porter plainte, je leur ai dit aux parents. Mais qu’a fait l’administration, un conseil de discipline croyez-vous? Non! Il est toujours dans ce collège, dans le même classe, ce “taré”, comme dirait Berroyer! N’étant que remplaçant, je n’étais plus là après les congés scolaires pour protéger la jeune fille… qui, soit dit en passant, a changé de collège après un rapport non consenti qui avait “fait le tour” de son précédent collège. Ca se passe à Rennes, dans un collège classé ZEP.
    La peur, celle que ressent Sonia, je l’ai ressentie quand je suis arrivé dans ce collège au mois de novembre, ne connaissant aucun élève, un vendredi, leurs dernières heures de la semaine, et que je n’ai même pas pu dire “bonjour” tant le chahut me l’en empêchait. Manque d’autorité? Non, quand on ne connait pas encore les élèves, leur prénom, comment asseoir une quelconque autorité? Inconscience de l’administration qui n’accompagne pas un nouvel enseignant pour faire face à des “animaux” surexcités? Sûrement. Comment comprendre de telles aberrations?
    Sonia j’y ai reconnu des collègues dépassés croisés dans tous les établissements où je suis passé. Encore jeudi je me suis fait la réflexion en entendant un collègue proche de la retraite se faire ridiculiser par les élèves. Certes, sa pédagogie commence à dater, mais qui l’aide?
    Et du reste, je m’amuse d’entendre les commentateurs dire “mais quelle idée d’enseigner comme elle le fait, on s’en fiche du vrai nom de Molière… C’est un “savoir mort”. Mais la versification dans “Entre les murs”, n’était-ce pas déplacé après avoir “assisté” à des cours vides de toute forme de savoir? Choqué, je l’étais quand Bégaudeau descendait parlementer avec ses élèves dans la cour!
    Je suis tout sauf un vieux réac’, je suis même un peu démago maintenant, j’apprends à l’être. On me l’a suggéré, il faut dire. L’inspecteur d’Académie en personne il y a quelques années…
    Pourquoi ce constat? Parce-qu’il y a maintenant un consumérisme permanent. Je me surprend à devoir faire du “service après-vente” après chaque note, chaque appréciaition. Les élèves et leurs parents n’hésitent plus à se plaindre d’un enseignant en plein conseil de classe. Comme s’ils étaieant aptes à juger d’un enseignement. Un collègue en fin de carrière s’est fait humilier l’autre jour en plein conseil de classe. Là encore, il est exténué, ses cours, je les entends à travers la porte, sont dépassés. Il est un peu sourd d’oreille alors il crie… Mais il gagne sa vie, il attend sa retraite, il est usé. Et personnellement je le comprends…
    Alors, voilà, ce film, pour moi, dit un peu toutes ces choses, il les dit en plus d’une façon distrayante, abordable, autrement plus “didactique” (dans ma bouche c’est le plus beau des compliments car on peut être subtil et didactique, contrairement à ce qu’affirme Bégaudeau) que bien d’autres films sur le sujet. Sa force c’est qu’il offre une synthèse tout sauf caricatural (grâce en partie à la force d’interprétation d’Isabelle Adjani tantôt agressive tantôt protectrice et maternelle).
    Alors mille merci pour cette pépite, pour ce film grandiose, pour les questions qu’il pose et le plaisir qu’il donne à voir.
    Je voulais vous dire aussi que l’arme qu’elle brandit contre ses élèves, je pense que beaucoup de profs pensent à se la coller sur la tempe. Cela même qui finissent à La Verrière ou sous cachetons.
    Ce constat noir n’est heureusement pas mon quotidien, loin s’en faut. Je le répète car il ne faut pas non plus tomber dans l’extrême. Il suffit d’une classe, voire d’un élève pour que tout bascule. Cela dépend d’un endroit, d’une administration, d’une salle des profs, d’un prof principale… pour que la machine cesse de fonctionner. Mais, je le répète, cela existe les “”feujs” et autre “c’est celle à mon grand père”. Ce “réponse à tout” est insupportable. Et la mère qui défend son fils, c’ets cria

  3. Tazyzas dit :

    pardon, je finissais et mon doigt a dérapé sur la touche “entrée”… Je disais donc que c’est criant de vérité. Bref, je ne vais pas gloser des heures, le film dit tout et bien mieux que moi. Je voulais simplement vous dire merci et vous confirmer -si tant est que vous en ayez douté un jour- que votre constat est le bon, le vrai et le plus réaliste qu’il m’ait été donné de voir.
    Merci et vivement les César, que vous soyez récompensés!

  4. Jean-Chrsitophe dit :

    Cesar? je vote pour aussi! Meilleur film, meilleure realisation, meilleur scenario original,….et incontestablement meilleure actrice bien sur !!!
    Mais le film y est-il eligible, vu qu’il d’abord passé par le petit ecran?

  5. Tazyzas dit :

    Lady Chaterley n’a-t-il pas tout raflé il y a deux ans? C’était exactement le même circuit…

  6. Jean-Chrsitophe dit :

    Si c’est la cas , alors les distrubuteurs et producteurs sont ENCORE passé à coté… En tout cas, le film fait son petit bonhomme de chemin avec notammment de superbes critiques (Cf Direct8 Ivan Levaï et consorts)

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