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VOUS ETES PROF? QUE PENSEZ-VOUS DE LA JOURNEE DE LA JUPE?

Jeudi 26 mars 2009

un mail parmi ceux que j’ai reçu venant de

Bonjour,

Je viens d’aller voir votre film”La ” au St Lazare Pasquier, et merci car vous m’avez offert un des plus beaux films qu il m’ait été donné de voir.
Je suis née à St-Ouen en Seine Saint Denis et j y enseigne les maths depuis 5 ans au collège alors c’est sur que le film me parle, je connais tout ce dont vous parlez puisque j ai grandi là et je veux partager ce que j ‘ai appris à mes élèves pour qu’ils aient la chance d’ avoir le choix.
Mais fait troublant, comme votre personnage j’ai été confronté à une réalité que je n’arrive pas à admettre, 5 des mes anciens élèves ont abusé d’une jeune fille et leur propos sont exactement ceux que vous donnez à vos personnages..
Alors oui c’est sur que j’ai l’impression que ce film a été fait pour moi, mais je tiens vraiment à vous dire que vous m’avez parlé par un scénario parfait, une direction d’acteur fabuleuse et une mise en scène harmonieuse, tout est cohérent et fait que j’essaie de vous dire maladroitement combien vous avez réussi votre film ..
J’ai bien hâte de voir vos prochains films, continuez et persévérez vous avez beaucoup de talent.

Et puis un deuxième

superbe et très intéressant! Le film le plus proche de l’ambiance que je ressens en tant qu’enseignant en ZEP, depuis une dizaine d’années maintenant.
Ce film est beaucoup plus proche “des possibles” qu’entre les murs.
Et dire qu’à Marseille, il ne passe que dans une seule salle…

un troisième

Ce film m’a touchée….d’abord par l’interprétation d’Isabelle Adjani et ensuite par la justesse du ton….je travaille depuis 20 ans dans ces banlieux dites “difficiles”….et rien ne m’a semblé déplacé ou choquant….
juste une vraie justesse de ton…

Je lis avec peine les commentaires de qquns qui trouvent le film caricatural…à ceux là je leur demande simplement : où ils vivent, ce qu’ils font comme métier, où leurs enfants sont scolarisés…

et d’autres…

FW: la

Sans doute n’ai-je pas su chercher: je n’ai pas trouvé de moyen d’adresser mes félicitations et de dire toute mon admiration à Isabelle Adjani, ainsi qu’au réalisateur pour ce film courageux!

J’admire Isabelle Adjani depuis ses jeunes années au Français: j’étais alors parisienne et une spectatrice assidue (je suis née en 1958 et cette jeune fille face aux monstres sacrés du Français me fascinait)

Quant au film en lui-même, j’apprécie la vérité du propos: je suis professeur en lycée professionnel.

Je vous sauré gré de transmettre mon message à Madame Adjani, à M. Lilienfeld et à toute la distribution, criante de vérité des élèves à la hiérarchie en passant par les policiers.

ENCORE MERCI ET BRAVO

Anne-Marie Le Gallo-Piteau
professeur de vente au lycée Marie Curie à Villeurbanne


et d’autres glanés sur Allociné

Film qui n’est pas du tout cliché….bien sûr les situations et les caractères sont poussés à l’extrême mais l’ensemble est tout à fait réaliste….bravo. Un de collège du 93 qui a vécu de nombreuse scène du film.

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Voilà enfin un film qui ne tombe pas dans un écueil consensuel.
Bien sûr, il ne peut pas être le reflet universel de toutes les classes que l’on rencontre. dans les collèges de France et de Navarre. Toutes les classes sont différentes au sein d’une même école. Etant d’arts appliqués (dessin), je suis bien renseignée.
Il faut aussi tenir compte d’autres facteurs (en ville, en banlieue ou en campagne ? Ecole, collège, lycée professionnel ou général ?…).

De ma lorgnette (lycée professionnel dans une ville moyenne), et sur l’ensemble des classes que j’ai à ma charge, j’estime entre environ 30 à 40% le nombre de celles que je juge très difficiles (proches de celles du film). J’ajouterais que ce chiffre tend à s’accroître depuis environ 2 ans.

Pour en revenir au film, je trouve que la « prose » est juste. Par exemple, les insultes entre les élèves. Car oui, c’est comme ça « qu’on » se parle dans les couloirs. Traverser la cour revient à traverser une jungle peuplée d’échanges de grossièretés et d’agressions verbales en tout genre. « C’est normal de se parler comme ça m’dame !». Les phrases sont parfois même incompréhensibles, à part les gros mots qui s’en échappent.

Comme dans le film, il faut faire cours avec : la mauvaise foi, la contestation, la critique facile, les commentaires intempestifs au beau milieu des explications, le tutoiement qui échappe, l’accusation du qui doit « rendre des comptes », l’agressivité et la colère de ceux qui ne supportent aucune remarques, … Dès les premières minutes du film, j’ai reconnus certaines scènes vécues, et j’avoue que cela m’a remué. Enfin une fiction qui montre les choses telles qu’elles existent.

Sonia s’épuise face aux divers accidents qui arrivent avant et pendant le cours (au début du film). Seule face à la vague. Est-il déjà trop tard ? Ou peut être a-t-elle déjà tout essayé ?
Il y a deux solutions : se laisser dépasser et tolérer, supporter… mais jusqu’à quel point ?…
Ou se battre et lutter contre les débordements abusifs (je vous laisse mesurer la perte de temps et d’énergie nécessaires. Sachant également que sans suivi de l’administration ou des parents, les observations, les colles, les rapports ne servent à rien). Notez que la classe est nombreuse. Où sont les moyens pour dédoubler certaines classes ?

Dans le film, ce sont les garçons qui se la jouent « caïds » et le machisme de certains qui est mis en lumière. Je dirais que la donne a déjà évolué puisque le phénomène s’étend désormais aussi aux filles qui se mettent en bande derrière, non plus des caïds, mais des Pestes au langage ordurier et aux comportements aussi violents que les garçons. Il ne faut parfois pas grand-chose : « Je l’ai frappée parce qu’elle m’a regardé avec ses yeux ».
Je comprends qu’on ait du mal à s’imaginer à quoi ressemble l’école d’aujourd’hui. Moi-même, si je n’y étais pas, je n’y croirais pas. C’est tellement gros. Et pourtant…

Les profs se sentent seuls, et ils le sont forcément face à la classe. C’est fou ce qu’ils se plaignent ou monologuent en salle des profs. Vieux pli du métier ? Je dirais que c’est peut être une soupape de sécurité qui sert aussi à se rassurer les uns les autres.

Le malaise ne peut pas être imputé à l’école seule. Les profs sont mis au pilori par les médias et l’opinion publique. Faire le choix de trouver un bon vieux bouc émissaire, comme du temps de la récré, reste la solution facile qui évite de se poser des questions. D’ailleurs, quel est l’intérêt d’en trouver un plutôt que de chercher en profondeur ce qui nous amène à cette situation ?
Qu’est-ce qui a changé dans notre société pour que les jeunes ne soient même plus capables ou n’aient plus envie de réfléchir ou de se concentrer ? Qu’est-ce qui se passe à l’extérieur qui vient déborder à l’intérieur ? Comment assurer une autorité efficace sans le soutien des parents ou parfois de l’administration ? Qui ordonne la réforme des programmes à cent lieues des réalités du terrain ? Pourquoi retire-t-on les moyens du service public et dans quelle finalité ? Qui va payer ?…

Cela m’a fait plaisir de voir ce film qui témoigne, à sa manière, d’une réalité trop souvent ignorée, et je remercie ceux qui l’ont réalisé et magistralement joué (bravo à Isabelle Adjani et à tout les acteurs).
Je trouve qu’il devrait être diffusé dans toutes les écoles suivi d’une discussion / débat sur le sujet
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