Mehmet / Khalid Berkouz
Tuméfié quand il entre en cours le jour de la crise, Mehmet est l’une des victimes de Mouss, le caïd de la classe, mais préfère garder le silence, par crainte de représailles sur lui et sa famille…
Farida / Sarah Douali
Longtemps, en dépit de quelques accès de mauvaise humeur, Farida, mine boudeuse, se tait. C’est Nawel, l’une de ses camarades, qui devine le drame indicible qu’elle a récemment vécu….
Nawel / Sonia Amori
Sensible et rebelle, Nawel tente de résister à l’omerta et à la loi machiste qui prévaut au collège. D’origine algérienne, elle a assisté quelques années plus tôt à une descente d’islamistes, dans le village de ses parents. Alors une goutte
d’eau…
Sébastien / Kévin Azaïs
Complice et suiveur de Mouss, le caïd de la classe, Sébastien lui prête main forte, dès qu’il le peut, moins par conviction que parce qu’il peut ainsi profiter du système. Mais la chance ne souriant qu’aux audacieux…
Farid / Karim Zakraoui
Arguant du «respect» en toute occasion pour justifier sa conduite, Farid refuse d’enlever son bonnet en classe. Jusqu’à ce que…
Adiy / Fily Doumbia
Discret, plutôt bon garçon, Adiy assiste aux événements sans réellement y prendre part et n’a qu’un espoir, être enfin libéré de cette histoire de fous. Et d’ailleurs…
Akim / Hassan Mehzoud
Surnommé l’Imam à cause de sa croyance paisible, droit et plus mûr que certains élèves, il manifeste un sens de la justice aigu et n’approuve pas le prétendu Islam revendiqué par ceux qui ne l’ont pas étudié. Mais l’eau qui dort…
Mouss / Yann Ebongé
C’est dans son sac que Sonia Bergerac découvre par hasard l’arme qui précipite le drame. Caïd de la classe, professionnel du racket auprès de ses camarades, jusque-là, personne n’osait s’opposer à lui. Et puis…
Archive pour le mot-clef ‘adjani’
Les élèves de la Journée de la Jupe
Mercredi 25 mars 2009Entretien avec Isabelle Adjani
Mercredi 25 mars 2009On connaît vos prises de position sur l’actualité – contre l’intégrisme et le racisme, pour l’Algérie et le Darfour, contre le voile à l’école et les tests ADN pour les candidats à l’immigration… Mais c’est la première fois qu’on retrouve ces préoccupations dans un film dont vous êtes l’héroïne.
C’est ce qui vous a séduit dans La journée de la jupe ?
Au-delà du personnage de cette prof qui pète les plombs, j’ai surtout été frappée en effet par la justesse du constat social. Qu’est-ce que l’éducation aujourd’hui ? Comment en est-on arrivé à cette impasse ?
C’est quand même une des dernières institutions d’intégration, comment se fait-il qu’elle soit dans cet état-là ? Comment se fait-il que le système soit en pareil disfonctionnement et qu’on soit dans un tel malentendu ? Qu’est-ce qu’on a fait à ces élèves ? Qu’est-ce qu’on a fait à ces professeurs ? Pourquoi et comment a-t-on abdiqué devant les exigences de l’enseignement ? J’ai vraiment apprécié que le film ne cherche pas à moraliser socialement, civiquement, qu’il ne cherche pas à donner des leçons, ni à apporter des solutions mais juste – si on peut dire ! - à poser toutes les questions, à mettre les spectateurs en face d’une dure réalité…
Comment vous êtes-vous retrouvée impliquée sur ce projet ?
Grâce à Smaïn que j’ai croisé un jour et qui m’a dit : « J’ai lu un scénario formidable avec un très beau rôle de femme, il faudrait que tu le lises ». Parallèlement, des amis de Jean-Paul Lilienfeld m’en ont parlé et me l’ont fait passer. Je n’ai pas pris plus de dix minutes pour dire oui après l’avoir lu ! Lorsque j’ai rencontré Jean-Paul, il voulait faire La journée de la jupe pour le cinéma, mais il n’a pas trouvé le financement.
Bien plus tard, il m’a téléphoné en me disant : «J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle : le film se fait mais c’est pour la télé.» Je lui ai répondu : «Pas de souci. Je vous ai dit que je serai là quand il y aurait une possibilité de le faire, donc je suis toujours là». Grâce à l’implication d’Arte auprès de ses producteurs de Mascaret Films, deux mois plus tard, on tournait…
Le film s’est tourné en mai dernier, presque en douce, loin de tout battage médiatique…
Personne ne savait que je tournais et… c’était très bien ! Travailler comme ça, loin de toute pression, c’était un vrai soulagement. On devrait d’ailleurs tous pouvoir s’autoriser à la fois le luxe et la modestie de travailler dans ces conditions-là de mise à nu. Lire le reste de cet article »
Bande annonce de la Journée de la jupe
Mardi 24 mars 2009Bande annonce du film “La journée de la jupe“, un film réalisé par Jean-Paul Lilienfeld avec Isabelle Adjani, Denis Podalydès, Yann Collette, Jackie Berroyer.
Sonia est professeure de français dans un collège de banlieue populaire. confrontée à la difficulté d’enseigner et au départ de son mari, elle est au bord de la dépression nerveuse. Tout dérape lorsqu’elle s’empare d’un revolver trouvé dans le sac d’un de ses élèves… Lire le reste de cet article »
Note d’intention du réalisateur Jean-Paul Lilienfeld
Mardi 24 mars 2009Par rapport à mon parcours, ce film est atypique. Je me rapproche de moi-même avec le temps…
Imprégné d’humanisme, j’ai longtemps pensé que le problème des banlieues était assez simple à formuler sous la forme d’une équation à deux variables trop connues : Pauvreté + Racisme = Rage.
Cela m’incita, il y a 20 ans, à écrire mon premier scénario : L’OEIL AU BEUR NOIR qui relatait les difficultés d’un noir et d’un arabe à trouver un appartement à louer à Paris.
Puis en 2001 à écrire et réaliser HS dont la particularité consistait à ce que le premier rôle soit tenu par un noir, non parce que le scénario l’exigeait mais parce que Dieudonné était tout simplement un excellent comédien (il n’avait pas encore révélé ses positions actuelles, que je conteste totalement).
Je me suis heurté aux objections de certains : «Pourquoi prendre un noir ?
Ce n’est pas indispensable.» J’adorais répondre «pourquoi pas?»…
Mais aujourd’hui, je constate que «les données de l’équation» se sont aggravées et complexifiées…
J’ai passé les 18 premières années de ma vie à Créteil.
Les cités, la mixité sociale et ethnique étaient mon quotidien.J’y retourne régulièrement voir ma mère.
Je sais ce que c’était, je vois ce que c’est devenu. J’ai eu envie de parler de ce qui m’avait permis d’en sortir et qui ne sert plus à ça aujourd’hui : l’école.
J’ai eu envie de parler du durcissement des positions, du recul des relations garçons/filles. Les trajets entre les barres ou les couples d’un jour pour toujours s’embrassaient sont devenus unisexes : le chemin des filles, le chemin des garçons.
Le déclic s’est produit fin 2005. Je voyais tout brûler, je voyais des mères expliquer qu’elles n’arrivaient pas à retenir leurs enfants à la maison parce qu’ils étaient trop en colère et en même temps, je ne voyais pas une seule fille dans la rue.
Et tout à coup, je me suis demandé si les filles n’étaient pas en colère ou si elles étaient déjà matées.
C’est de là que c’est parti. Mais je voulais faire un spectacle. Un spectacle avec certes un propos mais avant tout un spectacle, qui permette non plus de constater de l’extérieur dans une noirceur sans issue, mais d’être happé par une histoire et de ressentir émotion ou colère.
Il me fallait un dispositif…
Je souhaite avec LA JOURNEE DE LA JUPE proposer un récit qui nous rappelle que, quels que soient les choix politiques ou religieux de chacun, il existe des valeurs de base indiscutables et intransgressibles. Ne rien simplifier et ne rien occulter.
Croire que les femmes, doubles victimes de leur statut social et familial, peuvent favoriser l’émergence du changement.
Jean-Paul Lilienfeld
